Etude de base d’analyse du nexus Migration, Environnement et Changement Climatique (MECC) dans les communautés les plus touchées en Rép. de Guinee

 (via ReliefWeb)
International Organization for Migration (IOM)
Conakry, Guinea
Position Type: 
Consultancy
Organization Type: 
International Organization
Experience Level: 
Mid-Level (5-7 Years)
Degree Required: 
Bachelor's (Or Equivalent)
Languages Required: 
French

EXPIRED

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1. Contexte :

Selon le rapport mondial sur la migration de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM, 2020), les aspects environnementaux jouent un grand rôle sur les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables et sur la mobilité en Afrique de l’Ouest. Ces pays souffrent progressivement de sécheresses extrêmes et parfois d’inondations, qui créent des pénuries d’approvisionnement d’eau et d’alimentation. De plus, le changement climatique rend les événements de précipitations d’autant plus instables et imprévisibles. En parallèle, la région a connu une forte croissance de la population qui a amené à une intensification de l’exploitation des terres et ressources naturelles, avec des activités de déforestation, d’élevage et d’agriculture.[1]

La République de Guinée ne fait pas exception. Malgré sa richesse en ressources naturelles, le pays subit les conséquences du changement climatique et de la dégradation environnementale liés principalement aux pratiques agricoles inappropriées, l’exploitation minière et la surexploitation de ressources forestières et hydrauliques. Par exemple, plus de 50 % de la population guinéenne travaillent dans le secteur agricole (dans les zones rurales le taux est estimé à 75 %) et un grand nombre parmi eux ne disposent que de revenus limités et sont confrontés à des difficultés de production. Les femmes jouent un rôle essentiel pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle vu qu’elles représentent 53.3 % de la main d’œuvre agricole, en plus du travail domestique et familial. [2] Ces risques liées à la dégradation environnementale et les catastrophes naturelles accentuent les tendances migratoires.

Souvent considérée parmi les pays les plus concernés par la migration de départ et de transit dans la région,[3] la Guinée est principalement caractérisée par une migration de main d’œuvre, mais aussi tributaire de facteurs environnementaux. Les migrants saisonniers travaillant dans le secteur agricole sont immédiatement impactés par les incertitudes des récoltes causées par la dégradation environnementale liée au changement climatique. Il est important de souligner qu’ils existent d’autres activités dépendant des ressources naturelles, tels que la sylviculture, l’élevage et le pastoralisme qui sont également impactés par des facteurs susmentionnés.

Dans l’ensemble, la faible gestion de ces ressources naturelles renforce les multiples risques du changement climatique auquel les communautés sont exposées, comme l’insécurité alimentaire, des conflits relatifs aux ressources naturelles et des vulnérabilités spécifiques imposées aux femmes, ce qui contribue à la mobilité forcée interne et externe du pays.[4] De ce fait, il est nécessaire d’avoir une vision holistique afin d’intégrer la protection de l’environnement, sensible au genre, dans les politiques migratoires.

En Guinée, les autorités à travers le Plan d’Action National d’Adaptation au changement climatique (PANA) de juillet 2007 se sont fixés comme but d’exposer les mesures urgentes et immédiates à entreprendre pour s’adapter aux effets néfastes des changements climatiques, par le biais de connaissances endogènes existantes. Le manque de connaissances sur les facteurs environnementaux et leurs impacts sur les tendances migratoires en Guinée, qui également influence le développement du pays, montre un besoin de renforcer la compréhension et la coordination entre des politiques migratoires et environnementales. C’est pour cela que l’OIM, l’Organisme des Nations Unies chargé des migrations, a pris l’initiative de réaliser un projet pilote de renforcement des capacités du Gouvernement guinéen sur le lien entre la migration, l’environnement et le changement climatique, en vue d'atténuer les causes profondes des déplacements forcés et de favoriser la résilience des communautés au changement climatique.

Ce projet, financé par IDF, le fonds de l’OIM pour le Développement rentre dans le cadre des initiatives menées par l’OIM en matière de Migration, Environnement et Changement Climatique (MECC). Il sera mis en œuvre dans les zones rurales fortement dépendantes des ressources naturelles (agriculture, sylviculture, élevage et pastoralisme) et qui connaissent en même temps d’importantes dynamiques migratoires (départ et transit). Il permettra de mieux comprendre les liens entre la mobilité humaine et l’environnement en Guinée.

L’objectif global est de renforcer les connaissances et les capacités des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux à mieux gérer les questions relatives au nexus MECC et aux moyens de subsistance des communautés les plus vulnérables en Guinée. Cela permettra au gouvernement d'adopter des mesures précises pour fournir des solutions adéquates à ces communautés et renforcer leur résilience durable.

Pour atteindre ces objectifs, les résultats suivants sont attendus :

Résultat 1 **: Amélioration des connaissances et des capacités des autorités nationales et locales en matière de migration, environnement et de changement climatique :**

  • Une étude de référence sera élaborée pour analyser le lien entre les migrations, l’environnement et le changement climatique dans les communautés les plus touchées en Guinée, et un ensemble de recommandations sera proposé ;
  • Des ateliers de renforcement de capacités seront organisés à l'intention des décideurs et des autorités locales, afin d'assurer la cohérence entre les stratégies nationales et régionales.

**
Résultat 2 **: Les communautés les plus vulnérables au changement climatique adoptent des attitudes novatrices de résilience et d’adaptation à travers des projets communautaires écologiques en faveurs des femmes et des jeunes.

2. Objectif de la consultation et offre de service :

L'OIM cherche à recruter un/une consultant(e) qualifié(e) pour mener une étude qui examinera la migration face aux effets du changement climatique et de la dégradation environnementale en Guinée, avec un focus particulier sur la vulnérabilité des communautés et des foyers ruraux. A partir des connaissances existantes sur les dynamiques migratoires en guinée, il/elle analysera le contexte environnemental et l’impact de ce dernier sur les tendances migratoires internes et internationales, en tenant compte de la dimension du genre (prise en compte des femmes et jeunes). Le/la consultant(e) rédigera un rapport d’évaluation basé sur une revue documentaire et une étude du terrain, mettant en exergue les défis à soulever, à savoir l’identification des risques environnementaux et leurs éventuels impacts sur la migration, ainsi que des politiques environnementales ayant un impact sur la migration. Le rapport complet sur le nexus MECC en Guinée sera présenté à l’issue de la consultation.

Les conclusions et propositions d’actions seront présentées aux acteurs clés afin de contribuer au dialogue en matière de politiques publiques en Guinée pour contribuer à la résilience des communautés les plus vulnérables, y compris à leur résilience climatique. Cela permettra au gouvernement guinéen d'adopter des mesures précises et adéquates pour fournir des solutions aux communautés vulnérables au changement climatique et d’améliorer leur résilience à long terme. Également, une analyse des bonnes pratiques en Guinée et dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du centre en matière d’activités génératrices de revenu contribuant à la résilience climatique et environnementale des territoires sera faite.

3. Méthodologie :

A l’issue de ce projet de recherche, le/la consultant(e) recruté(e) réalisera les activités suivantes :

· Une revue documentaire :

  • Analyse du profil MECC de la Guinée dont la structure sera inspirée des profils pays MECLEP (données à l’usage des politiques) précédemment réalisés par l’OIM- Un lien systématique sera fait sur les moyens de subsistance contribuant à la résilience climatique des territoires ;
  • Collecte et analyse des données et des recherches existantes sur la migration, l’environnement et le changement climatique en Guinée, en s’inspirant aux recherches précédentes menées par l’OIM en matière de MECC ;
  • Fournir des données sur les tendances migratoires clés en lien avec le changement climatique et la dégradation environnementale ;
  • Fournir un aperçu général sur les vulnérabilités associées au changement climatique et à la dégradation environnementale, ainsi que des populations exposées à ces risques, à travers les recherches existantes, les entrevues menées auprès des informateurs clés (complété par la recherche sur le terrain).
  • Elaborer une cartographie analytique des politiques publiques et des documents légaux sur la migration, l’environnement et le changement climatique, ainsi que des plans du développement et de la résilience aux risques de catastrophes ;
  • Fournir des recommandations pour une meilleure prise en compte du nexus MECC dans les politiques migratoires et environnementales ;
  • Analyser les politiques publiques et documents stratégiques nationaux gouvernant les contributions conjointes afin d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris concernant la migration et le changement climatique ;**
  • Analyser les bonnes pratiques en Guinée en matière d’activités génératrices de revenu contribuant à la résilience climatique et environnementale des territoires, ainsi que le potentiel en matière de création d’emplois verts dans ces territoires

· Une étude sur le terrain dans les zones les plus vulnérables au MECC

En complément des résultats de la revue documentaire, une étude du terrain devrait être menée.

Cette étude de terrain complètera les résultats de l’analyse cartographique à travers des enquêtes, des interviews ouvertes et des focus groups avec les communautés dans les zones identifiées conjointement avec l’OIM Guinée et la partie gouvernementale. Une partie pourra être réalisée à distance et l’autre nécessitera un déplacement sur le terrain.

Vu la situation de covid-19, les possibilités de mettre en œuvre une étude sur le terrain sont limitées à cause des mesures de sécurité mises en place par le Gouvernement guinéen. Pour cela, une partie de la recherche sera conduite à distance à travers des échanges par mail et par vidéoconférence avec les acteurs nationaux et les points focaux désignés par les services techniques concernés (la liste sera mise à la disposition du/de la consultant(e). Le reste de cette étude sera nécessairement réalisé sur le terrain ;

La recherche sur le terrain sera effectuée en collaboration avec l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire de Faranah (ISAV) qui couvrira les 4 régions naturelles de la Guinée (2 localités à risques par région y compris Conakry), en organisant des réunions, des enquêtes, des entretiens semi-structurés et des focus groups avec les communautés dans les zones identifiées conjointement avec l’OIM Guinée et la partie gouvernementale.·

Présenter des approches pour renforcer la résilience des populations vulnérables au MECC

  • Engager et sensibiliser l’ensemble des parties prenantes étatiques et non étatiques sur le lien entre migration environnement et changement climatique ;
  • Organiser des ateliers de présentation et de validation du rapport avec tous les acteurs concernés ;
  • Partager les leçons du rapport final afin de renforcer les capacités de gouvernance sur la thématique MECC.
    4. Livrables :

Les livrables remis à l’OIM doivent être robustes et de qualité, soignés et mis en page. Les règles de l'OIM devraient être respectées pour la bibliographie et les citations éventuelles.

1) Plan de travail :

Fournir un plan de travail en cohérence avec la méthodologie proposée dans les présents termes de référence.

Date de livraison : 2ème semaine

2) Première partie de l’étude - la revue documentaire sur la thématique MECC en Guinée :

Livrer une version préliminaire des résultats de la revue documentaire.

Date de livraison : 5ème semaine

3) Présentation de la méthodologie pour la réalisation de la recherche du terrain :

Fournir une méthodologie élaborée et validée par le chef de projet, sur laquelle le/la consultante se basera pour réaliser l’étude sur le terrain, y compris la création de guides d’entretiens de focus groups.

Date de livraison : 6ème semaine

4) Deuxième partie de l’étude : la recherche sur le terrain dans les zones ciblées du projet :

Livrer un draft des résultats de la recherche menée sur le terrain.

Date de livraison : 9ème semaine

5) Présentation du premier draft du rapport final :

Partager le premier draft complet du rapport final y compris la revue documentaire, la recherche sur le terrain et des recommandations sur les manières d’intégrer la migration comme une stratégie d’adaptation au changement climatique et environnemental au niveau national et local.

Date de livraison : 10ème semaine

6) Réponse à la révision du draft du document :

Fournir le draft final du rapport.

Date de livraison : 11ème semaine

7) Dernier voyage en Guinée pour la présentation du document final :

Présenter le rapport final aux parties prenantes.

Date de livraison : 12 ème semaine

5. Durée de la consultation :

La consultation sera d’une durée de 3 mois, dans la période du 1er Juillet 2020 au 30 Septembre 2020.

6. Qualifications (profil de consultant(e) expérimenté-e) :

Les qualifications requises sont :

Formation et connaissances

· Diplôme universitaire Bac + 4 en sciences sociales, environnementales, écologiques, eau et assainissement, biologie, gestion de la biodiversité, droit international ou similaires.

· Minimum six années d'expérience et compétences vérifiables en planification, appui institutionnel et en développement des politiques (Migration, Environnement et Changement Climatique est un atout) ;

· Avoir une expérience avérée dans le développement des politiques régionales ou nationales et dans la conduite d’études ;

· Une connaissance de la région de la CEDEAO et de l’espace Sahel ainsi que du cadre institutionnel ;

· Une connaissance profonde sur les enjeux du changement climatique et dégradation environnementale ;

· Une expérience confirmée dans la recherche sur la migration, en particulier dans le contexte du changement climatique et de la dégradation environnementale

Langues courantes

· Excellente maîtrise du français et anglais (écrit et parlé).

Compétences

· Compétences d’analyse, de synthèse et de communication notamment avec des acteurs de divers horizons ;

· Bonne compréhension de la thématique MECC (Migration, Environnement et Changement Climatique) en Afrique et en République de Guinée ;

· Excellente connaissance pratique de l’outil informatique (Microsoft Word, Excel, Power Point, etc.) ;

· Maitrise de l’environnement social, culturel ou politique de l’Afrique de l’Ouest ;

· Bonnes compétences interpersonnelles et institutionnelles ;

· Bonnes aptitudes en matière de transfert de savoir-faire et de coaching auprès de cadres de l’administration, au niveau technique et politique.

Comportement

· Avoir l’esprit d’initiative, de recherche et d’analyse ;

· Être ouvert et doté d’une capacité d’écoute active ;

· Être disposé à travailler dans un milieu multiculturel.

[1] IOM, World Migration Report, 2020

[2] Système des Nations Unies en Guinée, Plan Cadre de Nations Unies Pour l’Aide au Développement (PNUAD 2018 – 2020), 2017

[3] UNDESA, 2019, International Migrant Stock

[4] Système des Nations Unies en Guinée, Plan Cadre de Nations Unies Pour l’Aide au Développement (PNUAD 2018 – 2020), 2017

How to apply

Les personnes intéressées sont invitées à soumettre leur candidature par message électronique à l’adresse avec en objet le titre du poste (Consultant international MECC) tout en précisant la référence du poste : Réf : Conakry/014/2020.

Les candidatures doivent comporter :

· Un CV détaillé en langue française, comprenant les contacts de 02 références professionnelles au minimum ;

· Une lettre de motivation ainsi que tout autres documents pouvant servir de support à la candidature (publication, travail personnel, rapport, référence bibliographique, etc.), une offre financière et technique détaillée dans un fichier unique ;

La date limite de réception des candidatures est fixée au 12 juin 2020.

Seul(e)s les candidats (es) présélectionnés (es) seront contactés (es).